MEDITATION ROOM
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MUSÉE NATIONAL DES ARTS ASIATIQUES GUIMET
 

Pierre Bonnefille

Meditation Room

1er Sept. - 20 Sept. 2021

 

Musée national des arts asiatiques - Guimet

Hôtel d'Heidelbach

19 Avenue d'Iéna 75116 Paris

MeditationRoom_Guimet_07 - © Luca Bonnefille_HD.JPG

     À l’occasion de la Paris Design Week 2021, le MNAAG invite l’artiste Pierre Bonnefille à présenter, au sein de l’Hôtel d’Heidelbach, une œuvre monumentale : Meditation Room, ainsi qu’une série d’œuvres et pièces de mobilier inspirées de l’Asie en conversation des collections chinoises du musée.

Œuvre centrale de l’exposition installée dans un salon boisé du 18e siècle, Meditation Room invite à la contemplation et à la méditation. Pierre Bonnefille recrée une pièce circulaire monumentale dont les parois, composées de ses Bronze Painting recouverts d’or, réfléchissent une lumière particulière. L’installation est ici la peinture elle-même qui se déploie sur la totalité de la surface de la structure et incite à la déambulation. La découverte de cet environnement immersif interagit physiquement avec le spectateur, l’invitant à une expérience à la fois personnelle et collective.

     Disséminée dans les collections chinoises adjacentes, une série d’objets, pièces uniques de mobilier de designer, viennent ponctuer l’espace et dialoguer avec le passé. Cette conversation invite à découvrir l’univers de Pierre Bonnefille et son attachement si particulier avec l’Asie. Le lien avec la nature est omniprésent dans le travail de l’artiste, on le retrouve ici à travers l’exploration des formes et des matières, qui évoquent le végétal et le minéral.

Au mur, des peintures sur papier de la série Furoshiki font écho à l’art de l’emballage traditionnel japonais existant depuis l’époque Nara (8e siècle), et à sa gestuelle qui fascine l’artiste.

De ses voyages au Japon, en Chine, en Inde et dans le sud-est asiatique, Pierre Bonnefille rapporte autant d’éléments naturels que de pièces travaillées par la main de l’homme. Les œuvres présentées à l’occasion de cette exposition à l’Hôtel d’Heidelbach témoignent des mémoires de ces voyages et des observations de l’artiste.

     - En résidence à l’Hôtel d’Heidelbach

Pierre Bonnefille expose quelques-unes de ses œuvres, certaines réalisées tout exprès pour l’Hôtel Heidelbach, demeure cossue, remarquable exemple d’architecture néoclassique de la Belle-Époque. « Ainsi cet hôtel particulier, aux volumes autrefois salle à manger et pièces de réception diverses, accueille-t-il l’artiste comme une personne à qui on offre l’hospitalité, dans un véritable intérieur, autrefois propriété d’un riche diplomate américain, et aujourd’hui habité autrement que ne l’est d’ordinaire une demeure. Mais est-ce vraiment une résidence d’artiste, pour reprendre le terme convenu ? Ne faudrait-il pas plutôt parler de résidences d’objets ? Car ce sont bien eux qui prennent pension parmi les œuvres de la collection Guimet. Et entre les deux, s’impose une politesse réciproque, que n’empêche pas une asymétrie prononcée entre les témoins de la vie de palais dans la Chine ancienne - armoires impériales ou lits d’apparat -, et les créations, fruits de l’imagination et du talent d’un artiste contemporain. L’arrivée des nouveaux venus, dans cet espace déjà bien occupé, interrompt le conciliabule que tiennent les armoires avec les paravents, les assises avec la maison de thé, les argiles avec le bois, la laque sombre avec les couleurs. Les « rhizomes », les « stones, » les « stools », les « bronze paintings », la « Meditation room », les « furoshiki » ont été conçus dans une grammaire inspirée de celle qui a prévalu dans la fabrique de ces monuments de laque qui patientent dans les salles.

Pierre Bonnefille - Bronze Painting 156 _Musée Guimet 2021 ©Luca Bonnefille .JPG

     - Meditation room, une chambre pour méditer

Qu’est-ce que méditer ? À cette question, Pierre Bonnefille répond en artiste par un discours en espace. Méditer c’est d’abord quitter notre monde, pour entrer dans un autre, figuré par un volume – qui correspond peut-être à l’espace intérieur ? Une « meditation room ». Une boîte noire à l’extérieur, or à l’intérieur, l’œuvre patrouille ainsi entre sculpture, architecture, peinture, photographie. L’installation propose une expérience qui sollicite, dans ce passage au-dedans, l’œil et le corps – gravité et souffle.

Les deux grandes volées de panneaux articulés, à rebours des paravents de Coromandel qui se déploient dans la pièce d’à côté, sont orientées vers l’intérieur pour bâtir une bulle, un paysage immersif. Dix panneaux, hauts de trois mètres, large de 1,50 mètres, auxquels il faut ajouter, deux vides pour laisser le passage dans ce cercle magique. Les dix supports accueillent, sur leur face intérieure, de longs à-plats de matière. L’artiste use d’une technique particulière qui, au-delà de l’invention matérielle, produit l’effet esthétique et spirituel de la « meditation room ». Il ne s’agit pas, en effet, d’appliquer la couleur sur la surface étale d’une toile préparée, déjà pleine et lisse, comme le sont celles des peintres, mais de presser la matière pigment et lui faire traverser la trame, comme si la couleur, en mouvement, était stoppée par ce tamis aux fines alvéoles. L’artiste, pour y parvenir, doit se faire athlète. À l’aide d’une spatule de quatre mètres, il lui faut exécuter un geste obéissant à la physique, puissante en même temps que délicate, d’une action painting orientale, comparable à celle du calligraphe chinois, capable de tracer des idéogrammes avec un pinceau à trois poils comme avec un grand balai. Pierre Bonnefille engage ainsi le pigment qui ne recouvre pas, mais accroche à la trame vide, alternant l’éclat et le mat, la lumière et l’ombre, au gré des reflets changeants. Face à la toile, le visiteur voit ainsi du plein et du vide. Ou alors, s’il se déporte sur le côté, il perçoit non plus les modulations de la matière, mais les effets de lumière. Ce n’est plus la matière, mais la lumière, qui rayonne à la surface d’une sorte de lac doré où jouerait une lueur de lune chaude.

Ces panneaux courbes, s’agençant à la manière d’un mural ovale, rendent hommage à Monet, et à ses Nymphéas, prises tour à tour dans les lumières changeantes du matin, du crépuscule et de la nuit. Cette esthétique, déjà rêveuse, se conjugue avec une manière proprement orientale de penser l’image. »

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Pierre Bonnefille - Furoshiki Carbone 89 _Musée Guimet 2021 ©Luca Bonnefille
Pierre Bonnefille - Furoshiki Carbone 89 _Musée Guimet 2021 ©Luca Bonnefille
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APB_1586-Pano
APB_1586-Pano
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